Auvergne & Alzheimer : The tale of lost and found memories 1/2

Auvergne & Alzheimer : The Tale of Lost and Found Memories – L’histoire de la persistance des souvenirs oubliés – Part 1/2

Post in English and French by : Alice
Article en anglais et français par : Alice
This trip I take alone, and it catapults me back to my days of traveling by myself…
Ce voyage je l’entreprends seule, et il me renvoie à mes précédentes aventures en solo…

Of traveling solo – Voyager solo

• I’ve always loved and welcome travelling solo, even though I’m pretty much an introvert so it usually makes me very lonely quite quickly. It’s a completely different experience, one that makes me feel like a different person altogether. I’m pretty sure I act like a different person, summoning some feelings and sensations that are usually foreign to me. Maybe it’s just because I am secluded inside myself in silence and can only contemplate what’s around me and what it really does to my spirit. And right now I am a totally different person, one that goes to Auvergne. To that butthole of the universe, in the middle of France – more accurately : the middle of nowhere, that you’ve probably never heard of, save maybe from some geology classes about volcanoes. Buried afar, it is an incredibly beautiful place to be at, and a very empty one (unless you have a car and tour all the fun activities in the region)… At least I was able to take a bus to take me to my final destination, which sure wasn’t possible a few years ago!
•• J’ai toujours adoré et entrepris de voyager toute seule, même si comme je suis plutôt introvertie je me sens vite trop seule. C’est une expérience complètement différente, qui me fais me sentir comme une personne totalement différente moi-même. Comme si cela faisait naître en moi des sentiments et des sensations qui me sont complètement étrangers… Peut-être est-ce juste que, enfermée dans mon silence, je ne peux que contempler ce qui m’entoure et ce que ça provoque chez moi. Et à ce moment précis, je suis une personne totalement différente, une personne qui va en Auvergne. Dans ce « trou du cul du monde » (pardonnez-moi l’expression), au fin fond de la France – plus précisément : au milieu de nulle part, une endroit dont vous n’avez jamais du entendre parler à part, peut-être, en cours de géologie pour ses volcans. Enfoui au loin, c’est cependant un endroit magnifique, mais aussi très vide (à moins que vous ayez une voiture et fassiez tous les trucs cool à faire dans la région)… J’ai pu prendre un bus pour ma destination finale, ce qui n’était sûrement pas possible il y a quelques années !
Vue de la maison en Auvergne
 
• I’ve always told Simone I wanted to take him here with me. If not because I really love my uncle and his wife who live here, because the landscapes are short from breathtaking. But it always seems so far, and so remote…
•• J’ai toujours dit à Simone que je voulais l’emmener ici avec moi. Si ce n’est parce que j’adore mon oncle et sa femme qui vivent là, personne que les paysages sont à couper le souffle. Mais ça semble toujours si loin, si éloigné de tout…
 

Travelling info / Les détails du voyage 

• From Paris, I took a train at the station Paris-Bercy (I didn’t even know this train station existed), where the bathroom are not free, prepare your 70cts ! It took me to Clermont-Ferrand in 3 hours and a half. It has been quite some time since I’ve taken a French train and oh my, I have to say I was surprised ! This train was quite comfortable and practical, with electrical plug everywhere, lots of space and clean bathrooms. It was a good experience, especially as I was not in a good mood after waking up at 6:45.
I bought a ticket from Paris all the way to Ydes, so after the train I boarded a coach from the train company, going to several towns between Clermont and Mauriac. It takes approximatively two hours to get to Ydes, so around 6 hours for the entire trip. There are toilets in the bus, but they were out of order in mine. [edit : out of order on the return as well, assume they are never working]
•• De Paris, j’ai pris un train à la station Paris-Bercy dont j’ignorais totalement l’existence, et où les toilettes sont payantes (70cts). Le train m’a emmenée à Clermont-Ferrand en 3h30. Cela faisait un bon moment que je n’avais pas pris de train en France, et j’ai été bien surprise ! Ils se sont clairement améliorés ! Il était confortable et pratique, avec des prises électriques partout, de l’espace et des toilettes propres. Ce fut une bonne expérience, surtout que je n’étais pas de bonne humeur après m’être levée à 6h45. 
J’ai acheté un ticket Paris-Ydes, donc après que le train soit arrivé à Clermont j’ai pris un bus de la SNCF qui fait la navette entre cette gare et Mauriac. J’en ai eu pour environ 2h à arriver à Ydes, donc environ 6h pour le trajet total depuis Bercy. Il y a des toilettes dans le bus mais elles sont visiblement éternellement hors-service, alors ne comptez pas dessus !
• From the coach, Clermont didn’t seem to suck that much, and believe me when I say that I liked the view on the way. It’s a volcanic area, with only extinct volcanoes but that means that they are a lot of hills and that we’re going higher in altitude. That also means that even though the sun was burning me through the window, there was snow EVERYWHERE! Which was quite cool.
The closer we got to Ydes – my final destination – the lesser there was snow. And when we arrived, there was no snow at all. 
•• Depuis le bus, Clermont n’avait pas l’air si mal ! En tout cas, le paysage durant tout le trajet était plutôt merveilleux ! Comme il s’agit d’une région volcanique (inactive) et faisant partie du Massif Central, il y a beaucoup de collines et de montagnes, c’est très beau. Avec l’altitude, même si le soleil me brûlait à travers la vitre, il y avait de la neige un peu partout ! 
Cependant plus on se rapprochait de Ydes moins il y en avait, et quand je suis arrivée il n’y en avait plus du tout. 

One last trip before you can forget me… / Un dernier voyage avant que tu m’oublies…

• But now there is no delaying the trip anymore, my grand-mother is not doing so well at the moment and she’s one of the people I love the most in this universe. There was no way I went back to Belfast with Simone without seeing her first. So he went on, and I stayed back to go and see her. She’s not dying, her Alzheimer (that we didn’t know it was) has just gotten worst, she can’t stay by herself anymore, so she’s going to go in a special home. Strong, independent Granny is kissing her glorious days goodbye… I always ask myself why I love her so much… Well, probably because as far as I’m concerned and can remember, she has never (and now, never can) ever disappointed me. Ever. She might not have shown the most love, not have hugged me the most – I cannot even remember her ever telling me she loved me (I always knew) – but she has been an extremely constant imperfect person. I’ve never expected her to be more than she was, and she has never been less. Probably that for a highly sensitive person like me this is an incredible strength to have someone like this in my life.
•• Mais aujourd’hui ce voyage ne peut plus être reporté. Ma grand-mère n’est pas au top, et c’est une des personnes que j’aime le plus au monde. Il était hors de question d’aller avec Simone à Belfast sans la voir d’abord. Donc il est partit, et je suis restée un peu plus longtemps pour aller la voir. Elle n’est pas mourante, non, mais son Alzheimer (qui vient seulement d’être diagnostiqué mais était présent depuis longtemps sans qu’on s’en rende vraiment compte) s’est aggravé et elle ne peut plus rester seule. Mon oncle et sa femme s’en occupent en attendant qu’elle aille dans une maison de retraite. Ma forte, indépendant Mamie peut dire adieu à ses heures de gloire… Je me demande souvent pourquoi je l’aime tellement… Probablement parce que, d’aussi loin que je me souvienne, elle ne m’a jamais (et ne pourra plus jamais) déçue. Jamais. Elle n’a peut-être pas tellement fait preuve de démonstration d’affection, elle ne me prenait peut-être pas tellement dans ses bras – je ne peux même pas me souvenir qu’elle m’ait jamais dit qu’elle m’aimait (mais je n’en ai jamais douté) – mais elle a toujours été cette personne constante dans son imperfection. Je n’ai jamais attendu d’elle qu’elle soit ce qu’elle n’était pas, et elle n’a jamais été moins que ce que je savais qu’elle était. Probablement que pour quelqu’un d’aussi sensible que moi, avoir une personne comme ça dans ma vie a été une grande force. 
 
• I’ve read about Alzheimer that the carers have to reanalyze the way they think about their loved-one and their relationship to them (her) and not think in term of memories of individual things, but in terms of what that person has given them, done to them. This is how I want to remember her (although she’s not gone but kind of halfway gone already) : like the person in my life who has always brought me a constant strength, who took no bullshit, who didn’t show much feelings but never played with mine. Ironically, I don’t remember the holidays she took me on, don’t remember if she has ever taught me a skill, don’t remember a certain gift she might have given me. I just remember that she was my rock, my fort, my light in the middle of the ocean. I didn’t even necessarily call her when I was feeling down, when I had a bad thing happen to me, when I hurt. But she was here. I’d go see her one of these Sundays, we’d eat and drink and laugh and talk about nothing and she’d be incorrigible and make kinky insinuations and I would pretend to be shocked. 
And I don’t care if one day she forgets about me, because it won’t take that away from me.
•• J’ai lu à propos d’Alzheimer que les gens qui s’occupent des malades doivent revoir la façon dont ils pensent à leur proche et leur relation. Qu’il ne faut plus penser en termes de souvenirs de situations individuelles, mais en termes de ce que la personne nous a apporté, de son impact sur notre personne. Alors, c’est ainsi que je me souviens d’elle : comme la personne dans ma vie qui m’a toujours apporté une force constante, qui ne se laissait pas faire, qui ne montrait pas tellement ses sentiments mais ne jouait jamais avec les miens. Paradoxalement, je ne me souviens pas des vacances qu’on a passées ensemble, je ne me souviens pas ce qu’elle m’a appris à faire, de ce qu’elle a pu m’offrir pour mon anniversaire. Je me rappelle seulement qu’elle était mon cap, mon fort, mon phare dans la nuit. Je ne l’appelais pas spécialement quand j’avais de la peine, quand quelque chose de mal m’était arrivé… Mais elle était là. J’irais la voir un de ces dimanches, on mangerait, on boirait et on rigolerait. On parlerait de tout et de rien, elle serait incorrigible et ferait des allusions à moitié obscènes et je prétendrais d’être choquée
Et ça m’est égal qu’elle m’oublie, parce que personne ne pourra m’enlever ça.
Mamie 2

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